Europe & Asie Centrale

Football Against Racism in Europe

La 12ème édition de la semaine FARE (Football Against Racism in Europe) s’est déroulée entre le 16 et le 31 Octobre 2012. Partout en Europe, des actions de sensibilisations ont été menées pour dire stop à toute forme de racisme et de xénophobie dans le monde de football. Cette semaine vient nous rappeler que malheureusement le racisme est encore présent à tous les niveaux de football : supporters, joueurs ou entraîneurs, amateurs ou professionnels. Elle vient aussi nous rappeler que ces comportements sont inacceptables, condamnables et qu’il faut les combattre.

Comment le foot, sport le plus populaire de la planète, peut-il être infecté par les vicissitudes d’une maladie telle que le racisme ? Pourquoi un melting-pot génial qui réunit des millions de personnes de toutes origines, de toutes ethnies, de toutes religions, peut tolérer la manifestation de la haine envers ses adeptes à cause de leurs appartenances vraies ou supposées ? Acceptons-nous que les stades, lieu par excellence de la vie collective, du but commun, de la sacralisation des valeurs les plus humanistes, deviennent des arènes gangrénées par le racisme ?

Ce mardi 16 octobre, lors du match réunissant les espoirs anglais et serbes pour le match de la qualification à l’euro 2013, le joueur anglais Dany Rose a subi des cris de singes dès sa sortie sur la pelouse pour l’échauffement. Tellement raillé, il a été exclu du match après avoir envoyé le ballon loin en guise de protestation. Selon ses dires, Il n’avait plus la tête dans le jeu. Cette histoire n’est pas un cas isolé dans les stades européens.

Eto’o, balotilli, ouaddou, Di Canio, et plusieurs autres joueurs ont subi le même sort : chants à caractère raciste, injures, onomatopées inspirées de cris d’animaux comme les singes, ou mauvais traitements en direction des joueurs comme le jet de bananes. A cela, s’ajoute l’exhibition des banderoles ou la distribution de tracts à teneur raciste, xénophobe et même parfois fasciste ou nazie.

Lors de sa deuxième conférence « Tous contre le racisme », l’UEFA a reconnu que les formes de racisme les plus identifiées dans le football sont celles dirigées contre les joueurs noirs, celles visant l’origine, l’appartenance à la communauté musulmane ou la communauté juive. Une autre forme de racisme, selon elle, se manifeste à travers le manque de représentation égalitaire des minorités au sein de ce sport, comme l’exclusion systématique des Rom à tous les niveaux du jeu.

Les mouvements violents et le hooliganisme ne sont pas des faits récents dans les stades européens, mais la virée raciste et xénophobe des groupes de supporters est sûrement liée à l’arrivée d’un nombre élevé de joueurs d’origine extra-européenne dans les stades. Cette visibilité sur les terrains a poussé plusieurs hommes politiques et intellectuels à proférer des propos racistes envers les joueurs et les équipes. En France, un défunt président du conseil général connu pour ses déclarations à connotation raciste déclarait qu’il y a « trop de noirs dans l’équipe de France », comme un philosophe de renommé qui disait que l’équipe de France n’est plus une équipe « blanc, black, beur » mais une équipe « black, black, black ».

Le recours à des propos xénophobes ou des banderoles racistes relève d’abord de l’ordre de la provocation et non d’une revendication politique ou d’une appartenance aux milieux racistes ou d’extrême droite. En effet, la plupart des supporters, pris par la chaleur de la compétition et le désir de voir leur équipe gagnante, se permettent toutes sortes de provocations pour déstabiliser leurs adversaires. Cela dit, le climat social et politique infecté par la montée des discours xénophobes et racistes n’en est pas loin de telles manifestations.

Le racisme et la xénophobie constituent une menace grave pour le football et les valeurs éthiques qu’il véhicule. Le combat contre le racisme et la xénophobie dans le football est un combat à multiples fronts. D’abord, celui des instances dirigeantes du football comme l’EUFA, les ligues nationales, les fédérations de football et autres. Elles doivent rompre avec la tradition du silence. Elles doivent agir en durcissant l’arsenal juridique et les sanctions contre les comportements condamnables, comme l’arrêt immédiat des matchs pour le moindre acte raciste.

Les états européens ont l’obligation de veiller aux droits de leurs citoyens et des non-citoyens qui vivent sur leur territoire; en adoptant des politiques et des mesures efficaces pour prévenir et combattre toutes les formes d’intolérance, de xénophobie ou de discrimination raciale dans le sport et surtout dans le football. Ils doivent veiller à ce que ces comportements ne soient pas reproduits dans les instances, administrations ou agents soumis à leurs autorités directes.

Et bien sûr, agir sur le dernier front, celui de la société civile et des organisations non gouvernementales qui doivent agir, éduquer, sensibiliser, dénoncer et mobiliser pour que ces comportements soient bannis radicalement des enceintes du sport, notamment le foot, pour que ce dernier puisse jouer son rôle social et éducatif, celui d’un lieu d’égalité, de solidarité, de promotion et d’excellence.

AFD International
Département Europe
Contact : europe@afdinternational.org

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